Interview de Kévin Bailly, membre du jury


Kévin Bailly est lauréat du premier prix du Concours BIM 2016 avec Minh Nguyen et lauréat du 2ème prix du Concours BIM 2017. Cette année, c’est en tant que membre du jury qu’il s’est joint à l’aventure. Nous l’avons interviewé à la sortie des délibérations qui se sont tenues le 30 mars 2018.

 

Concours BIM : Qu’est-ce que vous a apporté le Concours BIM, professionnellement ?
Kévin Bailly : De l’expérience ! L’expérience d’un processus, celui du BIM, l’expérience d’une mise en compétition de type concours d’architecture, avec une rigueur et une qualité de rendu à tenir. Nous pouvons parler de visibilité également, lorsque vous êtes passionné par votre métier, votre engagement dans le mouvement BIM, faire partie de ce concours et d’en être lauréat vous permet de vous exprimer plus largement. Alors, il faut se donner à fond !

 

Au contraire des années précédentes où vous étiez candidat, vous êtes, cette année, membre du jury du Concours BIM. Qu’est ce que ca fait d’être passé « de l’autre côté du miroir » ?
Quel plaisir ! J’aurais aimé le faire, j’adore les challenges ! Mais pour la troisième édition du concours, être passé de l’autre côté du miroir comme vous dites est d’autant plus important pour moi et je prends ce rôle très à cœur. J’ai eu beaucoup de plaisir de découvrir les projets 2018 !

 

Comment se sont passées les délibérations ?
On peut dire qu’elles se sont très bien passées, dans le sens où les projets ont pu satisfaire les attentes du Jury. Ce n’était pas évident, chaque projet présentait une solution architecturale et urbanistique différente. De plus, chaque acteur du Jury avait sa propre sensibilité. En tout cas, ce n’était pas évident de faire notre choix, même si j’avais mes projets préférés.

 

Qu’avez-vous pensé des travaux des candidats cette année ? Comment évaluez-vous le niveau ?
C’est toujours incroyable de constater que pour un sujet commun nous avons eu que des solutions différentes. Ce qui rend le travail intense, car il y a autant de réponses que de projets proposés. Quel est celui qui répond au plus près des attentes de la ville, de son plan local d’urbanisme ? Quel est le projet qui respecte au plus près le programme ? Répond-il aux attentes BIM ? Une fois que l’on répond pragmatiquement à ces attentes, c’est notre sensibilité architecturale qui est mise à rude épreuve. En se plongeant dans tous les projets, je peux dire qu’ils sont tous très riches. Cela ne nous facilite pas la tâche !

 

Est-ce que vos projets préférés sont parmi les lauréats cette année ?
Oui ! Alors ça oui ! L’une de mes satisfactions est que les projets que j’avais sélectionnés sont dans le trio de tête, dans le désordre peut-être,mais qu’importe, c’était serré.

 

Est-ce que vous avez réfléchi à la façon dont vous auriez abordé ce sujet ?
Bien sûr, juger c’est se projeter ! Avant de recevoir les projets, je m’étais fait une idée du projet que j’envisageais, dans ses grandes lignes (c’est l’étape la plus subjective du processus de conception architecturale selon moi). C’est en analysant les projets et se mettant à la place de chacun que l’on se rend compte à quel point notre métier est riche. Lorsque nous pensons projeter la meilleure solution, force est de constater à chaque fois que les autres projets proposent des solutions tout aussi riches.

 

Qu’avez-vous pensé du projet de cette année, d’ailleurs ?
Vous savez, je pense que s’inscrire au sein un site existant – ici au pied de l’Ecole de Plein Air construite par les architectes Eugène Beaudouin et Marcels Lods – est l’exercice d’architecture que je préfère. Le plus compliqué pour un architecte, selon moi, est d’inscrire son projet au sein d’un territoire vierge, sans contexte ni environnement, car c’est à lui de le créer. C’est un exercice à part entière. Ici, nous sommes dans un cadre historique, où le concours s’inscrit de part et d’autre de ce site conservé et requalifié. Il convient alors, au-delà du fait de proposer une solution architecturale pour ce site, d’en comprendre son histoire, comprendre les orientations architecturales qu’avaient voulu donner les premiers architectes. Le projet de cette année est riche, complexe, et le lauréat a très bien su y répondre. Bravo à tous les candidats !

 

Merci à Kévin Bailly pour le temps qu’il nous a accordé, aussi bien pour cette interview que pour participer aux délibérations aux côtés des autres membres du jury : Marie-Pierre Deguillaume, Directrice du MUS de Suresnes ; Didier Sadoine, chargé d’opérations pour l’INS HEA ; Pierre-Gilles Parra, Responsable de la prescription chez ISOBOX isolation ; Emmanuel di Giacomo, Responsable Europe Développement des écosystèmes BIM chez Autodesk ; Eddie Alix, Chef de Projet du Plan Transition Numérique dans le Bâtiment ; Jérôme Bonnet, BIM Manager Groupe chez AIA associés ; Jacques Lévy-Bencheton, Vice-Président SIGHTLINE GROUP et Architecte Associé de Brunet Saunier Architecture ; Fabrice Lagarde et Vladimir Doray, Architectes associés chez WRA et Itaï Cellier, Architecte, Fondateur et PDG de Polantis.

 

 

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