Interview de finalistes : Louise Mazauric, Benoît Defosse et Marion Laï


Louise Mazauric, Benoît Defosse et Marion Laï sont finalistes du Concours BIM 2018. Ils dévoilent les coulisses de leur participation au concours et leurs projets pour le futur.

 

 

Bonjour Louise. Avec Benoit Defosse et Marion Laï, vous êtes finalistes du Concours BIM 2018. Est-ce que vous pourriez vous présenter tous les trois ?

Bonjour ! Je suis Louise Mazauric et je suis présentement étudiante à l’école d’architecture de l’Université Laval à Québec au Canada. L’an dernier j’ai eu ma maitrise professionnelle en architecture, et cette année je termine une seconde maitrise de recherche. Mon mémoire porte sur l’impact du climat nordique hivernal sur la forme et les ambiances architecturales.

Mon premier équipier est Benoît Defosse. Il est diplômé de l’ENSA Toulouse depuis 2015 et travaille actuellement comme architecte paysagiste chez Fauteux & Associés à Montréal.

Ma seconde équipière est Marion Laï. Elle est diplômée de l’ENSA Marseille depuis 2015 et travaillait également à Montréal mais comme architecte chez Atelier Chaloub lorsque nous avons participé au concours. Elle est maintenant de retour en France depuis le mois de mars.

 

Pouvez-vous nous parler de votre projet pour le collège et la réaffectation de l’École de Plein Air de Suresnes ?

Nous avons donc voulu concevoir un projet respectueux de son patrimoine environnant (cf : la Forteresse du Mont Valérien et l’école du Plein Air) en dialoguant avec les formes bâties existantes. Pour la partie réhabilitation du projet, l’enjeu était de mettre en valeur les grands espaces libres dont disposait l’école de Plein Air à l’origine pour en faire des locaux orientés sur les arts (ateliers d’artistes, galeries, etc), et mettre fin au morcellement actuel par cloisons.

Dès la conception du collège pour 500 élèves, il nous a paru également important de travailler avec la topographie prononcée du site, afin qu’elle fasse partie intégrante du projet. Ainsi, le nouveau bâtiment vient épouser le terrain en prenant la forme d’un « U ». Le point le plus haut du projet est à la même hauteur que le point le plus haut du site de l’école de Plein Air. Ce qui permet de préserver la vue sur la ville, ainsi que de créer une toiture verte accessible. Le collège est composé de plusieurs volumes disposés en enfilade. Ils sont accessibles par divers paliers topographiques. Une grande rampe d’accès les relie entre eux et vient séquencer le parcours architectural menant à l’intérieur du collège, d’où le titre du projet : « Rising Up ». Cette rampe se divise en trois rampes au niveau de la cour centrale, ce qui crée un espace d’entre deux plein de qualités et de petits espaces de travail, entre les salles de cours fermées et la cour extérieure. L’objectif était de rendre accessible pour tout le collège, sans utiliser ni ascenseurs ni escaliers. En utilisant exclusivement des rampes, précepte qu’avaient utilisé Eugène Beaudouin et Marcel Lods au moment d’édifier l’école de Plein Air. Cela permet aux élèves de rejoindre par groupe progressivement et naturellement les classes à la manière d’une promenade.

Pour l’accessibilité et la signalétique intérieure, nous avons favorisé l’utilisation de couleurs et de pictogrammes. Pour faciliter la lecture aux élèves et visiteurs, le marquage de chaque fonction a été différencié. Les larges surfaces bétonnées des rampes (au sol et au mur) vont permettre aux artistes en résidence de l’école de Plein Air, accompagnés des collégiens, de s’exprimer et d’avoir une signalétique et des ambiances artistiques en continuelle évolution.

Qu’avez-vous pensé de ce projet ?

Il y avait beaucoup de défis à relever entre la réhabilitation de l’école du Plein-Air et le projet du nouveau collège qui se devait d’être accessible. Le tout sur un site avec du relief, où l’on devait modéliser le projet à travers un processus BIM que l’on apprend encore à maitriser. Mais finalement, c’est ce qui rendait le challenge hyper intéressant ! Benoit avait participé seul au concours l’an dernier, mais cela n’avait pas été très facile pour lui de gérer un projet si complexe tout seul. C’est pourquoi pour cette édition, connaissant les forces de Marion et moi, il nous a proposé de se joindre à lui pour faire équipe et nous n’avons pas été déçues !

 

Quels étaient vos atouts pour répondre au concours ? Au contraire, sur quels points avez-vous été inquiétés ?

Pour ce projet, on a vraiment été chercher les forces de chacun et surtout on y allait pour se faire plaisir. Du coup, il n’était pas question de faire de nuits blanches ! Je pense que c’est cela qui nous a aidé, car comme on ne s’est pas mis la pression, on était plus sûrs de nous. On a divisé les tâches entre deux équipiers, avec des roulements pour les trois phases du travail que sont la conception, la modélisation et le rendu. La personne qui restait en retrait avait comme rôle de garder un regard extérieur sur notre avancement et nos délais. Pendant la phase modélisation sur Autodesk REVIT, Benoît, qui avait déjà participé au concours l’an dernier a été notre « BIM manager » ! Marion est très habile pour la conception, quant à moi j’ai pris le leadership au moment du rendu.

Pendant la remise de prix, on a pu avoir un aperçu du niveau en BIM des lauréats. Ils avaient des maquettes numériques parfaitement réalisées et pour certains des projets conçus avec certains logiciels que nous ne maitrisons pas encore. Au niveau de notre concept, notre choix était de concevoir un projet « simple et discret » qui tend la main à l’école de Plein Air. On est satisfaits de ce que l’on a présenté, mais on a compris que la ville recherchait plutôt une nouvelle identité avec un bâtiment « signature ».

Finalement, on est fiers de s’être donné les moyens de participer. Avoir terminé dans les 10 finalistes est déjà énorme pour nous ! On se dit que l’on a encore plein de choses à apprendre pour nous améliorer en vue de la prochaine édition.

 

Comment avez-vous mis en œuvre la démarche BIM exigée pour le concours ?

Le processus BIM que l’on a développé nous a permis de travailler en collaboration et simultanément, avec trois fichiers Revit distincts et liés : un pour la structure, un autre pour la toiture et le dernier pour modéliser l’intérieur. Nos trois fichiers étaient accessibles en tout temps depuis un dossier Dropbox. Cela nous a permis de charger/décharger les modèles liés et imbriqués à notre guise, tout en faisant évoluer la maquette BIM.

 

Qu’est-ce que vous a apporté le Concours BIM ?

Si l’on devait résumer notre état d’esprit, nous sommes d’accord pour dire que ça a été une belle aventure humaine et professionnelle ! Au-delà d’avoir pu s’améliorer en BIM, cela nous a permis d’expérimenter ce qu’implique la conception d’un vrai projet, très réaliste, en y incluant les produits BIM de plusieurs partenaires, amenant son lot d’avantages et de contraintes. Comme nous avons eu la chance d’être invités à la remise de prix, nous avons pu rencontrer la plupart des partenaires du concours, en plus des membres du jury et des architectes présents ce soir-là. Cela a été vraiment une bonne expérience, nous avons pu faire plein de contacts !

 

Remise de prix du concours BIM 2018

 

Que donneriez-vous comme conseil aux candidats des futures éditions ?

Nous leur conseillons de ne pas avoir peur de relever ce défi en trouvant un concept simple et novateur. Également d’assumer leur projet et d’en connaître les forces, afin de faire une notice claire et détaillée, ainsi qu’une planche convaincante avec des documents percutants. Tout simplement de privilégier la qualité à la quantité ! Puis l’important c’est de se faire plaisir, donc de gérer son temps entre coéquipiers en restant positif. Ce qui compte ce n’est pas de gagner, mais d’arriver à concevoir un projet en BIM et de le pousser le plus possible !

 

Quels sont vos projets professionnels à court et moyen terme ?

Pour ma part, je termine la rédaction de mon mémoire de recherche qui sera déposé d’ici 1 ou 2 mois. J’ai très récemment présenté le résultat de mes recherches lors du 86e Congrès de « l’Association Francophone pour le Savoir » et un article qui résume mes recherches sera publié dans « International Ambiances Review » sous peu. En simultané, je cherche présentement du travail dans un bureau d’architecture à Montréal. Pour devenir membre de l’Ordre des Architectes du Québec d’ici 2 ans, il m’est possible de travailler hors de la province pour une année. J’aimerais donc venir travailler en France pour 6 mois et ensuite revenir explorer la vie professionnelle des provinces anglophones du Canada pour la même durée. À long terme, je pense rester dans mon pays d’adoption, où il y a de belles opportunités !

Benoît va lui continuer à travailler en architecture du paysage chez Fauteux & associés pendant au moins une année encore pour finir le gros projet de place publique à Montréal sur lequel il est, puis il cherchera une agence privilégiant le travail en BIM, en architecture de bâtiments. En parallèle, l’objectif est de continuer à faire des concours avec notre collectif « Atelier Des Marmottes » (ADM). Cela fait depuis 2 ans que l’on en fait 2 ou 3 chaque année. Benoît avait été 3e lauréat du concours Bénéteau en 2016, ce qui l’a décidé à lancer le collectif pour travailler à plusieurs. A moyen terme, il compte passer sa HMONP, si possible depuis Montréal ou sinon en France.

Marion est fraîchement rentrée en France depuis le mois de mars, après avoir travaillé à Montréal durant 10 mois chez Atelier Chaloub. Elle vient de s’établir à Paris pour y entamer et finaliser la VAP (validation des acquis professionnels) afin de s’inscrire à l’ordre des architectes de France. À court terme, elle aimerait suivre une formation sur le BIM dans le but de participer une nouvelle fois à l’édition 2019 du concours avec Benoît et moi. À moyen terme, elle voudrait renouveler une expérience à l’étranger dans le domaine de l’architecture et privilégier de nouveaux voyages, toujours en quête d’un enrichissement professionnel et personnel.

 

 

 

 

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